
14/08/2007, 18h08
|
|
ما لي وللدنيا؟
|
|
Date d'inscription: décembre 2006
Localisation: Waq-Waq
Messages: 1 323
|
|
As-Salamu `Alaykûm
"Erreur" N° 2 : Déclinaison du mot "Muqîm".
Référence : Sourate 4, an-Nissa', Verset 162.
Mais ceux d'entre eux qui sont enracinés dans la connaissance, ainsi que les croyants, [tous] ont foi à ce qu'on a fait descendre sur toi et à ce qu'on a fait descendre avant toi. Et quant à ceux qui accomplissent la Salat, paient la Zakat et croient en Allah et au Jour dernier, ceux-là Nous leur donnerons une énorme récompense.
Lakini alrrasikhoona fee alAAilmi minhum waalmu/minoona yu/minoona bima onzila ilayka wama onzila min qablika waalmuqeemeena alssalata waalmu/toona alzzakata waalmu/minoona biAllahi waalyawmi al-akhiri ola-ika sanu/teehim ajran AAatheeman
لَّـكِنِ الرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْمِ مِنْهُمْ وَالْمُؤْمِنُونَ يُؤْمِنُونَ بِمَا أُنزِلَ إِلَيكَ وَمَا أُنزِلَ مِن قَبْلِكَ وَالْمُقِيمِينَ الصَّلاَةَ وَالْمُؤْتُونَ الزَّكَاةَ وَالْمُؤْمِنُونَ بِاللّهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ أُوْلَـئِكَ سَنُؤْتِيهِمْ أَجْراً عَظِيماً

"Le mot muqeemeen devrait être muqeemoon. Le mot devrait être décliné en "raf`a" [cas direct] comme les autres noms de la phrase. En plus, les deux noms qui le précèdent [rasikhoona et mu/minoona], et le nom qui suit [mu/toona] sont déclinés correctement. Certains ont prétendu que ce mot était décliné de cette manière pour distinguer et adorer l'acte de la prière, mais le savant Ibn al-Khâtib dit que c'est un mauvais raisonnement. [al-Furqan par Mohammad M. `abd al-Latif Ibn al-Kâtib, Dar al-Kutub al-`ilmiyah, Beirut, p.43]. Un tel raisonnement défie la logique. Pourquoi distinguer la prière, qui est une branche de la religion, et pas la foi qui est le fondement et la racine de la religion ? En plus, est-ce que cette logique s'applique aux erreurs de déclinaison des versets précédents ? Doit-on conclure que les Saabi-eena [encore!] sont plus distingués que ceux qui croient, et que le Peuple du Livre ? Et pourquoi sont-ils distingués dans un verset et pas dans l'autre, comme nous avons vu ? Dieu est plus haut que cette logique douteuse. Ceci est encore une erreur grammaticale évidente!"
Réponse
Encore une fois, s’il est une remarque que la plupart de ces commentaires imposent c’est qu’ils se referment tels des pièges sur eux-mêmes. Ils émanent d’un souci de rhétorique hâtivement et aveuglément dressée en réquisitoire contre l’inimitabilité du Coran "i`jazz qur’ani".
Effectivement "Dieu est plus haut que toute logique douteuse" ! Et la déclinaison du nasb pour " moqueemeena " n’est point une erreur grammaticale et ce, pour les raisons suivantes :
- Ce verset est situé après deux autres versets [V160 et V161] consacrés aux châtiments infligés à ceux parmi les chrétiens et les judaïsés qui furent injustes et qui prenaient l’usure…à ceux là "nous interdîmes des choses bonnes, qui leur étaient licites" [harramna AAalayhim tayyibatin ohillat lahum...," V160] et cependant le Coran conclut dans le verset suivant par "A ceux d’entre eux qui sont mécréants nous avons préparé un châtiment douleureux" [waaAAtadna lilkafireena minhum AAathaban aleeman].
C’est dans ce Contexte qu’il faut lire et interpréter le verset 162. La particule "lakin", utilisée généralement pour istidrak ou nuance oppositive, introduit la grâce accordée par Dieu à ceux d’entre eux qui sont enracinés dans la science, ceux qui croient aux révélations précédentes et celle faite à notre prophète " Lakini alrrasikhoona fee alAAilmi minhum waalmu/minoona yu/minoona bima onzila ilayka wama onzila min qablika" ["Mais ceux d’entre eux qui sont enracinés dans la science, ainsi que les croyants, croient en ce qu’on a fait descendre vers toi, et en ce qu’on fait descendre avant toi…"]
- La coordination `atf de "waalmuqeemeena alssalatase" fait, non pas référence à ce qui suit mais à ce qui précède. Autrement dit cela signifie ceux parmi eux qui croient aux révélations passées et présente et [sous entendu, qui croient] en ceux qui établissent l’Office ; à noter que ceux qui établissent l’Office ne sont autres que les prophètes prédécesseurs de Muhammad. C’est là une interprétation que Al Zamakhsharî préfère à celle attribuant le nasb d’al-muqeemeena à la volonté de distinguer et privilégier l’Office sur le reste des cultes. Et quoiqu’il mentionne cette interprétation dans son Kachchaf [Tome1, p.577], il fait vite de préciser que c’est là une explication discréditée par Sibawayh, le célèbre grammairien arabe avec preuves et arguments à l’appui.
En définitive, après avoir étayée les deux interprétations justificatives du nasb d’al-muqeemeena, il serait surprenant, pour nous contemporains du XXI siècle, de savoir qu’il y’a cinq ou six siècles déjà qu’Al Zamakhsharî, anticipant sur ce genre de jugements erronés avait écrit concernant l’interprétation ou exégèse de ce même verset "Ne donnez point crédit à ceux qui prétendent qu’il s’agit là d’une erreur de transcription du Coran. C’est là un constat que peut émettre celui qui n’a point de connaissance de ce Livre ou celui qui ignore que les règles régissant l’ikhtissass ou focalisation chez les arabes - ce procédé si prisé par eux- implique la nécessité d’utiliser le nasb. Enfin, celui formulant un tel constat aura commis l’impudence de croire que nos prédécesseurs qui étaient des gens soucieux de défendre leur foi, pareils en cela à leurs prédécesseurs chrétiens et judaïsés, auraient eu l’inadvertance de laisser circuler, des siècles durant, une erreur de transcription du Livre sacré et de confier à leurs successeurs le soin de rectifier les écueils et de colmater les brèches" [Al kachchaf, Tome 1, p.577]
Dernière modification par Shawq ; 28/08/2007 à 08h52.
|