"Caractéristiques de la personnalité de commandement, chez Abu Muss'ab Az-Zarqawi"
بسم الله الرحمن الرحيم

Louange à Allah, qui élève l’Islam par Son secours, qui avilit l’association par Sa contrainte, qui gère les événements par Son ordre et qui ménage les mécréants par Son stratagème. Celui qui a décrété que les jours s’alterneront (victoire et défaite), par Sa justice, et que la fin sera pour les pieux, par Sa faveur.
Prière et salut sur celui avec l’épée duquel Allah a élevé la lanterne de l’Islam.
Caractéristiques de la personnalité de commandement, chez Abu Muss'ab Az-Zarqawi – qu'Allah lui fasse miséricorde (seconde partie)
Louange à Allah, et paix sur Ses serviteurs qui l'a élu.
Au début, mes vœux aux frères à l'occasion du mois de mérite (Ramadan), du retour d'Al Hisbah, et de l'élimination du Richawi (Abou-Risha). Puisse Allah augmenter les joies des musulmans…
Depuis plus d'un mois, je n'ai rien écrit. La fermeture d'al-Hisbah*, en est peut être la cause principale. Et malgré la visite de nombreux forums en tant que lecteur, je n'aurais pu écrire dans aucun d'entre eux, car un certain empêchement m'en empêchait. Jusqu'à ce que Al-Hisbah fut de retour, et nous voila revenus avec la permission d'ALLAH.
Les pensées et les idées se sont entremêlaient dans ma tête. Sur quoi vais-je écrire ?
Le discours de Sheikh Oussama ? Le mois du jeûne ? D'anciens projets sur lesquels je souhaitais écrire ? Cependant, un frère membre d'Al-Hisbah a mis fin aux questionnements en remontant mon ancien article qui a pour titre « caractéristiques de la personnalité de commandement chez Abu Muss'ab Az-Zarqawi qu'Allah lui fasse miséricorde. » J'avais promis de le continuer à l'avenir, la requête du frère vint alors comme un ordre de laisser toutes choses, et d'exécuter la promesse que j'avais faite.
Poursuivons à présent la recherche dans la personnalité du commandant Abu Muss'ab Az-Zarqawi (RA) l'ayant qualifiée à prendre la place qu'il a atteinte dans les sommets de la gloire.
Es-tu puissant dans la Djahiliya, et faible dans l'islam, Ô Omar ?!
Ce sont des mots qui continuent à surgir dans mon cerveau, chaque fois que je vois l'incapacité des jeunes de la Oumma à aider leur religion.
On trouve un jeune talentueux dans un domaine donné, utilisé son talent dans des domaines qui ne plaisent pas à Allah ou du moins qui ne sont d'aucune utilité à la Oumma, ensuite quand il se conforme (à la religion) voila qu'il abandonne ce talent et prend définitivement recul vis-à-vis de lui. Ainsi trouve-t-on un poète inégalable dans Al-Ghazl (poésie galante) et dans la poésie de Jactance (vantardise) Djahiliyenne ; mais quand il revient à la religion, il délaisse la poésie comme si elle était interdite en soi, non pour le chemin où elle a été orientée. Pourquoi ce poète ne garde-t-il pas son talent, en se contentant juste de le réorienter de la poésie de Ghazl et des significations superficielles, vers celle qui sert l'islam et la da'wah ? et nous avons dans Hassân ibn Thâbit un prédécesseur dans cela.
Dans notre époque actuelle, nous avons également dans Sayyid Qutb (RA) un exemple à suivre. Celui-ci était un écrivain et un critique littéraire réputé dans les revues égyptiennes. Il s'est même essayé dans la poésie, mais la contemporanéité avec les géants de la poésie arabe en Égypte, l'a privé de célébrité en tant que poète, bien qu'il lui restait son poids en tant qu'écrivain et en tant que critique littéraire, il s'est même tracé une méthodologie propre dans la critique littéraire. Cependant, ce talent et ces facultés littéraires ne confluaient pas au service de la Oumma, ils allaient plutôt vers la construction d'une gloire personnelle, si on peut s'exprimer ainsi.
Lorsque Sayyid a changé sa voie, en direction de l'Islam. Il n'a pas laissé ses facultés littéraires et intellectuelles dans la précédente voie. Il les a réorientés avec lui au service de l'Islam. Ainsi, il y eut ces travaux exceptionnels qu'il a tracés au service de l'Islam, dont probablement « Az-zilâl » (sous les ombrages du Coran) en est le plus célèbre et le plus marquant. Celui qui lit « Az-zilâl » trouve outre les aspects dogmatiques et philosophiques, cette littérature élevée, et ces mots choisis avec soin qui attachent le lecteur qui ne peut plus s'en détacher, il les répète de nombreuses fois comme s'il essayait de les apprendre, ou peut être les aurait-il écrit dans un cahier spécial pour les relire.
Ainsi était Sayyid (RA). Il aurait pu après son Iltizam (retour à la religion) rester dans sa mosquée, ou faire une retraite (spirituelle) dans sa maison, et de dire : la littérature fut mon activité au temps de l'ignorance, désormais ce sera la salat et le jeûne, je ne perdrais pas mon temps dans l'écriture.
Cependant, ce sont ceux qui sont éclairés, qui transforment chaque outil entre leurs mains, en une arme avec laquelle ils se défendent et défendent leurs convictions.
Le couteau de cuisine par exemple peut être un outil pour découper les oignons ou un outil pour effrayer les mécréants, la plume peut couler dans la désobéissance d'Allah comme elle peut le faire dans Son obéissance, de même que la langue...
Ce qui compte, c'est l'identité de celui qui dispose de ces outils, non les outils en eux-mêmes. Car ce sont des outils inertes que l'homme manipule selon ses besoins et ses volontés.
Revenons à notre précèdent exemple, cette parole mémorable dite par As-Siddîq (Abou Bakr) à Al-Farûq (Omar). Imaginez avec moi la scène : Abou Bakr, ce Sheikh qui a vieilli dans l'Islam et dont on n'a pas connu de lui cette force qui caractérisa Omar, lequel (rappelons-le) était redouté des chefs de Quraysh, et ne craignait aucun blâme quant il s'agit de la religion d'Allah, et qui aussitôt sa conversion à l'Islam faite, a planifié en vue d'expulser Quraysh de La Mecque en dépit de la faiblesse des musulmans. Imaginez Abou Bakr l'accuser de faiblesse. Dans quel contexte ? Cela eut lieu quand Abou Bakr s'est résolu à combattre les apostats.
Es-tu puissant dans la Djahiliya, et faible dans l'islam, Ô Omar ?!
Omar n'a jamais été faible, ni lors de sa Djahiliya, ni lors de son Islam. Il fut en tout temps imposant et craint par autrui. Même par les gens qui lui étaient les plus proches, ceci du fait de sa violence lors de sa Djahiliya. Quand il s'est convertit à l'islam, il ne se transforma pas en un être faible portant un vêtement « Koulabiya » blanc, peut-être de taille courte, et portant sur la tête une calotte blanche ou un « shammagh ». Silencieux, faible, c'est à dire en résumé : un DERVICHE. Et « derviche » n'est pas propre aux disjonctés soufis, c'est plutôt une expression sociologique générale exprimant la situation de « pauvreté » que certains adoptent comme gage de leur Iltizam. Or ils n'ont pas compris la religion. S’ils l'avaient compris, ils auraient su que c'est une religion de grandeur, non de pauvreté (médiocrité). Omar, Hamzah, Khalid, Al-Miqdad, et d'autres hommes intrépides dans la Djahiliya, se sont convertis à l'islam. Mais ils ne se sont pas convertis en un groupe de Derviches. Ils devinrent des hommes intrépides d'un tout autre type. Des gens intrépides peaufinés par la 'Aqida, laquelle si elle a taillé leurs « crocs », ne les a pas effacés et encore moins les a-t-elle arrachés. Elle a mis une limite à leur élan sans les ligoter. La 'Aqida que ces vaillants ont portée n'a pas blâmé leur courage ou leur cran. Elle a juste réorienté cette force vers une nouvelle voie. Elle était pour eux, tel un barrage qui retient un fleuve énorme, il retient son élan déchaîné, mais non juste pour le retenir, mais pour l'orienter vers une nouvelle voie dont résulte la grande utilité que sont l'irrigation et d'autres services rendus aux hommes.
Omar, aussitôt sa conversion à l'Islam faite, est sorti conduisant les musulmans, à la tête d'une rangée, et à la tête d'une autre il y avait Hamzah. Ils sont sortis vers la Kaaba, et aucun des chefs de Quraysh n'a pu s'en prendre à eux. Qui donc aurait osé s'en prendre à Hamzah et Omar ?
Depuis le premier jour de sa conversion, il s'est mis à avertir et à menacer les Qurayshites. Il avait transformé sa tyrannie et sa violence passée, en une force avec laquelle il protégea la Da'wa (l'appel).
Khalid qui a vaincu les musulmans à Ohod, ne s'est pas transformé après sa conversion en « un vendeur de chapelets et de parfums » devant la porte de la mosquée. Il est resté un commandant militaire, et un homme de batailles. Il n'a pas coupé sa main qui, un jour, a tué des musulmans. Il a plutôt changé l'objectif de celle-ci. Il a transformé l'épée (inerte) d'un outil de crime à celui de Djihad et de conquête. Il fut ainsi l'épée d'ALLAH dégainée (Sayf ALLAH al-masloul).
Après cette introduction en compagnie des bien-aimés, revenons à notre cher Abu Muss'ab. Beaucoup ont essayé de l'accuser de nombreuses choses qui l'injurient, dont la dernière fois, fut – selon ce que je me rappelle – des propos d'un américain lors d'une émission diffusée par l'hébraïque (Al-Arabiya TV) consacrée à Abi Mos'ab. Ce mercenaire a dit que Abi Moss'ab a été emprisonnée dans sa jeunesse pour des affaires criminelles, dont une affaire de viol. Qu'Allah donne à cet américain ce qu'il mérite !
Pour ce qui est de l'essentiel des accusations que nous entendons de ses ennemis, elles concernent sa jeunesse avant son voyage pour l'Afghanistan, et évoquent sa force et son comportement dans la ville de Zarqaa, prétendant qu'il aurait été un délinquant ou un truand de quartier, c.-à-d. qu'il agressait les faibles gens, les dépossédait de leurs subsistances, et leur imposait des tributs pour leur faire éviter son mal.
Je laisse ici le champ à son beau-frère Abu Qoudama pour parler de lui. Il a dit dans son livre « les cavaliers de l'obligation absente » qui a été diffusé par Al-Hisbah :
(Abu-Mus'ab) n'a pas été délinquant, il vivait comme tous les gens, néanmoins il s'accomplissait grâce au caractère intrépide qui le caractérisait depuis son plus jeune âge.
Il n'avait pas des signes spécifiques qui le différenciaient de ses pairs, j'ai rencontré un certain nombre d'entre eux qui le connaissaient avant son Iltizam, ils ont dit du bien de lui, et ils ont dit qu'on a été injuste avec Abu Muss'ab, on a beaucoup menti sur lui, et on a déformé son image. Aucune de ses connaissances que j'ai rencontrées, ne l'a dénoncé ou a critiqué son comportement.
Il n'était pas comme certains de ses ennemis l'ont dessiné, mais il était fort. Il n'était pas un truand, il fut juste depuis le début. Il était juste et il s'accomplissait par la force. Il ne permettait à personne de se dresser contre lui ou de lui manifester du dédain.
Il était connu et célèbre dans son quartier. Il était l'aîné parmi ses frères et le plus fort d'entre eux. Et il est connu de lui, qu'il assemblait la terre pour les familles des défunts afin qu'elles enterrent les leurs, de même il ramenait des plants de palmiers pour les vendre aux familles des défunts lors des jours de fête. Ceci alors que le phénomène de mendicité était répandu chez les plus jeunes surtout lors des jours de fête."
Celles-ci sont donc quelques caractéristiques de la force en lui, avant de se diriger vers l'action islamique en général et djihadique en particulier. Il n'était pas arrogant, ni oppresseur, c'était un jeune normal, gagnant sa subsistance par le travail de ses mains. Il était fort et s'imposait avec sa force dans la société. Ensuite il a pris le chemin de la Da'wa et du Djihad. A-t-il délaissé cette force physique et de personnalité, et s'est-il tourné vers la Dervicherie ? Absolument pas, il a orienté sa force et son courage vers un autre terrain, celui du Djihad dans le chemin d'Allah que ce soit dans les fronts de combat ou en prison.
Il a gardé cette même force qui l'a caractérisé dans sa jeunesse, et l'a utilisé en prison de la meilleure des façons. Le résultat en fut, sa désignation par ses compagnons comme leur émir en prison. Et cela n'a été que parce qu'il était le plus en mesure de traiter avec les gardiens (de prison), dans le sens où sa personnalité forte et son courage étaient "un bouclier" face à leur brutalité et à leur arrogance. Et il a été mis en cellule individuelle plus d'une fois à cause de sa personnalité et de sa conduite sèche avec les gardiens.
De même, quand il est allé pour le Djihad en Afghanistan puis en Irak, la rudesse et la dureté étaient claires dans son traitement avec les mécréants et les apostats, et dans les discours à leur intention.
Donc, les attributs de force qu'il avait avant d'emprunter le chemin du Djihad, le courage, l'audace, ne pas appréhender l'adversaire peu importe sa force, il les a gardés après avoir déterminé sa nouvelle voie, mais il a changé l'orientation dans laquelle il tirait profit de ses capacités. Au lieu de faire face, aux truands de quartiers, ces jeunes aux muscles gonflés toujours armés de couteaux, d'armures, ou peut-être de pistolets. Il a trouvé des adversaires plus importants, et primordiaux, pour les affronter. Ainsi il a participé à repousser les Soviétiques détenteurs de la plus forte armée terrestre du monde. Puis il est allé défier les Tyrans gouvernant dans son pays, il a crié son animosité et son Takfir envers eux et il a encouragé à s'insurger contre eux. Il a subi bien des préjudices pour cela. Même entre leurs mains, dans leurs prisons, il n'a pas diminué de sa défiance envers eux. Il a ainsi défié les juges et les gardiens et les a appelés au repentir. Puis après de nombreuses étapes, il est passé lui et ses frères, à défier la plus grande force sur Terre, sans la craindre en faisant fi de son arrogance.
De même que sa force physique et sa forte endurance, il ne les a pas délaissés, il les a gardés. Non pour montrer ses muscles gonflés et sa force aux gens comme le font la plupart des jeunes, mais pour se renforcer avec vis-à-vis des ennemis d'Allah.
Donc, la première caractéristique de la personnalité de commandement chez Abu Muss'ab (RA) qui lui a permis d'atteindre le niveau qu'il a atteint est d'avoir réorienté tous les aspects de force en lui au service de son objectif, et d'avoir tirer profit de toutes ses forces qui étaient auparavant utilisées dans le non-sens du fait qu'ils n'avaient pas été orientés vers la bonne direction, en avoir tiré profit, les avoir orienté, et les avoir utilisé de la meilleure façon, pour atteindre avec un rang élevé.
Nous demandons à Allah d'élever son degré au Paradis.
par
Abdel-Aziz Ad-Doulaymi 02 Ramadan 1428
* Al Hisbah est un forum Islamique arabophone important sur le net.
|